Première page | <<< | 1 | 2 | >>> | Dernière page
Wrestling

Wrestling



Corps à corps. De bleu vêtus, deux hommes se livrent à la lutte islandaise traditionnelle, au rituel étrange. Ça commence comme une danse, lancinante, langoureuse. Les lutteurs, collés l'un à l'autre, se tiennent par la ceinture puis doivent chercher à se déséquilibrer. Einar et Denni sont aussi amants, et ne s'en cachent pas. Eleveur de bétail en cette bourgade rurale reculée, Einar ne se voit d'autre avenir que là, en dépit d'une mauvaise entente avec son épouse. Denni, lui, peine à entrevoir le bout du tunnel. Triste mine et affichant sa lassitude, il confie son intention d'arrêter la lutte. Le bout des tunnels, il passe ses journées entières à les chercher ! En atteindre un, pour lui et ses collègues foreurs, est toujours vécu comme un soulagement, une victoire. Ce soir-là, il s'apprête à les clamer à sa vieille mère impotente, avec qui il vit. Poussant la porte, il la découvre dans le fauteuil, inerte, assise devant la télé et un... grand prix de Formule 1 ! Hors circuit ! Pour lui, fini le championnat national, même s'il a un titre à défendre ! Sortie de piste ! C'est décidé ! Après l'enterrement, il part vivre en ville, tout est prêt en ce sens. Bourrée de ses cartons, la voiture file sur la route par une belle matinée... Mais peut-il vraiment envisager de vivre sans Einar ? Avait-il vraiment raison d'exiger que celui-ci quitte sa femme pour lui ? De bleu vêtus, deux lutteurs...

Premiers mots prononcés : c'est elle ou moi ! Mais qui est " elle" ? Puis Denni annonce à Einar qu'il veut arrêter LA lutte. Etait ce "elle" ? Puis apparaissent la femme et la fille de Einar . Etait-ce alors elles ? Non, se dit le spectateur, ils ne font que de la lutte ensemble. Et pourtant, c'est frappant, évident, ils sont amants. Mais s'ils s'aiment, pourquoi se séparer si soudainement ?

Denni veut aller à la ville et vivre . Einar ne voit pas d'avenir en dehors de sa campagne. Mais ils sont retenus par un poids : Denni doit s'occuper de sa mère impotente, Einar doit s'occuper d'une bête apparemment malade et à laquelle il semble très attaché. Mais ces poids seront bientôt largués. Denni en a ras-le-bol de creuser des tunnels jusqu'à ce qu'il finisse par en voir le bout. Une nouvelle vie s'annonce. Mais Einar sera t-il de la partie ?

Denni enterre sa mère peur avant de partir pour la ville. Il la retrouve devant une course de Formule 1, inerte. Est ce un signe ? Sa mère veut elle lui dire de foncer sans hésiter ? Sans doute, mais vers quoi ? Vers une nouvelle vie à la vielle sans Einar ou foncer et vivre avec Einar ? La bête quitte Einar.

C'est alors qu'a lieu le championnat national de lutte islandaise auquel Denni s'est promis de ne pas aller. Et pourtant il y va. La femme de Einar est là. Denni doit affronter son ami, son amant et son futur. Leur danse se transforme rapidement en une sorte de slow. Ils ont fait leur choix : ce sera Denni et Einar.

 
Wrestling - ma note pour ce film :
Réalisé par Grímur Hákonarson
Année de production : 2007
Peché Mortel
Action Cinémas / Théâtre du Temple

Une femme possessive, jalouse, diabolique provoque le malheur de son entourage jusque dans la mort lorsque finalement elle se suicide

Des couleurs flamboyantes

Péché Mortel réalisé en 1947 par John M Stahl est le premier thriller tourné en Technicolor Trichrome. Cette innovation est d'autant plus relevée par une photographie splendide et récompensée aux Oscars de cette année là.
Le réalisateur joue sur le contraste entre l'essence de son film : un film noir, plus noir que l'ébène et l'éclat des couleurs provenant très souvent soit des décors naturels soit des tenues portées par Ellen (Gene Tierney). Les couleurs flamboyantes et naturelles font ainsi contraste avec la froideur et les actes calculés d'Ellen.


Une construction classique

Le réalisateur utilise un flash-back classique dès le début de son film. Ainsi le spectateur se trouve plongé dans la situation de Richard qui vient juste de sortir de prison. En utilisant un tel procèdé le réalisateur parvient à captiver le spectateur dès les premières secondes du film.

Un ange exterminateur

L'apparition d'Ellen incarnée par Gene Tierney fascine autant son futur époux Richard que le
spectateur. Cachée derrière un livre, l'on devine immédiatement la beauté de la demoiselle. Ses grands yeux bleus qui semblent ne rien dissimuler permettent aux spectateurs de prendre en sympathie cette héroïne qui vient de perdre son père au début du film. Ce père à qui elle vouait un véritable culte, elle le perçoit en Richard notamment grâce à une ressemblance physique. Il ne fait quasiment aucun doute que c'est pour cette raison qu'Ellen se rapproche aussi vite de Richard. Peut-on y voir là une sorte de complexe par rapport au père ? Possible.Ce que l'on sait en revanche, c'est que cette relation si fusionnelle qu'elle avait avec son père a détruit le couple de ses parents. En agissant de la sorte, Ellen a déjà supprimé la figure maternelle. L'on remarquera que notre héroïne ne possède rien de maternel. En effet, même si c'est par pure jalousie qu'elle provoque son propre avortement, et laisse se noyer Danny le frère de Richard, l'on peut aussi constater que tous les personnages féminins du film apparaissent comme des dangers potentiels (la mère, la soeur, les anciennes amies de Richard ...) Ainsi, nous en venons à nous poser une question : est ce qu'Ellen a un problème avec le sexe féminin ? Les seules personnes avec qui elle a une relation "durable" sont des hommes : Quinton, son père et Richard. Et pourtant, le réalisateur la rend magnifique cette héroïne froide et détestable. Mais elle a un, je ne sais quoi, de fascinant qui attire les victimes droit au piège.



La jalousie

Tout péché commis mérite une punition digne de ce nom. Pourtant la jalousie ne fait pas partie des sept péchés capitaux mais peut être les entraine-t-elle ? Ce qui est sûr, c'est qu'il y a bien quelque chose à voir avec cela comme nous l'indique le titre original « Leave her to heaven » (laisse la au ciel) comme si Ellen était une sorte d'ange qui n'avait pas sa place sur terre. A force d'aimer Richard avec excès et possession, elle finit par commettre des actes graves allant jusqu'au meurtre. Gene Tierney ce personnage avec une froideur inégalable. Pire, elle se place toujours en position de victime mais n'attire jamais ni sympathie ni pitié. Son égoisme et sa jalousie vont la pousser au suicide non pas parce qu'elle ne supporte plus cette vie mais pour séparer Ruth, sa cousine de son mari Richard.



 
Pêché mortel - ma note pour ce film :
Réalisé par John M. Stahl
Avec Cornel Wilde, Gene Tierney, Vincent Price, ...
Année de production : 1945
Boy meets girl
Boy meets girl

Il n'est pas très à l'heure à son rendez-vous. Qu'importe, de toute façon il réémerge complètement, voilà deux ans qu'il n'avait plus donné signe, ni de vie ni d'inspiration. Il était, dit-il, en immersion en lui-même ! Katrine Poulsen, productrice, lui demande quand même s'il a un scénario. Oui, mais dans la tête ! Là, au moins, il ne se perdra pas !

Pour commencer, ce court-métrage est un véritable hommage aux différents genres cinématographiques : la Nouvelle Vague, le film érotique allemand des années 1970, du Bergman, la comédie américaine moderne avec la happy family, le film d'action et etc ...

Il est drôle de voir comment une histoire peut naître de rien, comment le rire et l'émotion naissent également. Mais le genre est il plus important que l'histoire ? L'histoire compte-t-elle plus et peu importe quel genre est utilisé pour la retranscrire ?

Le réalisateur danois nous fait en tout cas beaucoup rire tellement les genres sont imagés et les aspects typiques forcés. Mais il ne se moque jamais.

Il est très intéressant de voir comment la même histoire peut être traitée différemment selon le genre utilisé. Un film dépend vraiment de la manière dont le sujet est abordé. Il est également intéressant de voir comment un sujet simple peut donner de grands films par la manière dont il est appréhendé.
 
Boy meets girl - ma note pour ce film :
Réalisé par Søren Frellesen
Avec David Dencik, Iben Hjejle
Année de production : 2007
Dog Altogether
Dog Altogether

Tout le comportement de Joseph le définit comme un homme détruit et aspiré par toujours plus d'autodestruction, capable de violences et provocations aussi stupides qu'injustifiées ainsi que de réactions racistes. Après une invective avec des clients d'un pub, il frappe son chien au point de devoir l'achever en l'empoisonnant. Il s'en lamente auprès du guichetier du bureau de poste, qui n'en est pas ému et lui rétorque que ce n'est pas la première fois. L'homme, pakistanais, réagit naturellement à l'assimilation faite avec mépris entre son origine et les poseurs de bombes. Son humanité vraie, Joseph la manifeste lors de ses visites à un ami grabataire, ou au petit cimetière sur les hauteurs, devant la tombe de Pauline à qui il confie , comme si elle, et elle seule, pouvait l'entendre que tout est train de mourir autour de lui. Acte d'impuissance ultime autant que sursaut d'espèrance en l'humain et peut être de foi chrétienne, il court dans la rue en pleurant comme un enfant et fonce se réfugier, se cacher, disparaître au fin fond du rayon vêtements de la boutique chrétienne tenue par Anita.

Paddy Considine passe enfin derrière la caméra avec ce premier court-métrage soutenu par Shane Meadows ( réalisateur de This is England ) et Gary Oldman.

Le titre " Dog altogether" est une expression irlandaise qui signifie " vie de chien". " Vie de chien" est pris au pied de la lettre. Considine ouvre son film sur Peter Mullan ( qui a réalisé The Magdalene Sisters) très énervé qui fout des coups de pied à son chien, seul ami qu'il a encore. L'on voit d'emblée un homme brisé par on ne sait trop quoi. Puis cette phrase " tout le monde meurt autour de moi". L'homme se sent bien seul, comme abandonné, ce qui pourrait expliquer son agressivité et sa violence. Il effraie toux ceux qu'il approche et pourtant il vient se réfugier dans la boutique chrétienne tenue par une femme, Anita. Et là il pleure toutes les larmes de son corps et de son coeur sans doute bien chargé. Est ce la foi chrétienne ou la tendresse d'une femme qui viendront l'apaiser ? En tout cas, " Robert De Niro" comme il se fait appeler, ressort de la boutique un peu mieux que lorsqu'il y était entré. C'est alors que trois jeunes lui tombent dessus et le passe à tabac. La violence des coups n'est pas sans rappeler des films comme This is England et la situation urbaine celle des films de Ken Loach.

L'homme se réveille . Il est vivant. Et là sur sa main, une alliance qui brille. L'on peut alors comprendre que sa femme n'est plus là. Est elle partie ? Est elle morte ? Est ce " Pauline" ? Est ce la mort de son épouse qui l'a dévasté à ce point ? Est ce pour cela qu'il va chercher le réconfort auprès d'une femme ? Est ce un moyen de montrer qu'il a besoin d'une présence maternelle ? Besoin d'être comme materné et apaisé ?

A travers ce premier court, Paddy Considine allie souvenirs cinématographiques de Ken Loach, ou d'Alan Parker, et dépeint un pan de l'Angleterre. Et si l'on s'aidait les uns les autres au lieu de se rejetter sans cesse ? Il n'y aurait plus de place pour la solitude et les chiens errants.
 
Dog altogether - ma note pour ce film :
Réalisé par Paddy Considine
Avec Peter Mullan, Olivia Colman, Karl Johnson
Année de production : 2007
On the line
On the line de Reto Caffi

Il est tel un demi-dieu du haut de son Olympe observant, épiant, traquant les moindres faits et gestes des pauvres humains consuméristes ! Rolf est agent de sécurité d'un grand magasin. Tour à tour dans les rayons, l'air de rien, faux client caméléon prêt à surprendre de sa langue fourchue un flagrant délit de vol à l'étalage, ou dans sa tour -d'ivoire ?- face à ces innombrables écrans de contrôle qui lui arrogent tout pouvoir ! Le demi-dieu s'avère finalement n'être lui aussi qu'un pauvre humain, avec ses faiblesses et ses grandeurs ! Instrument de la société de télé-surveillance, il en abuse à des fins qu'il ne saurait encore avouer ! Zoomavant, zoomarrière, écran 1, écran 2, Big Brother aux pieds d'argile a son talon d'Achille ! Sarah, elle s'appelle ! Vendeuse du rayon librairie. Il en pince pour elle, et ne sait s'inventer d'autre rôle que celui de voyeur. Il la harcèle du regard, de près, de loin, jusque dans l'ascenseur ! Mais il faut bien revenir à ses fondamentaux ! Et coincer un jeune couple de chômeurs. La jeune femme a beau implorer ! Légaliste, il "comprend" mais reste aussi intraitable envers elle que ferme envers un collègue qui refuse un verre d'eau à un autre interpellé ! Sarah prend le même train de banlieue que lui. Un soir, il la "surprend" en compagnie d'un autre, avec qui elle finit par se disputer. Elle sort brusquement du wagon, l'autre reste bloqué à l'intérieur par la fermeture des portières, avant d'être agressé par trois délinquants violents. Au lieu d'intervenir, Rolf le costaud laisse ce "rival" à son destin...

Le personnage de Rolf est bien plus ambigue que ce qu'il en a l'air. Qui est exactement cet homme ? Une sorte de pervers ? C'est ce que l'on pense au tout début quand on le voit épier Sarah avec les caméras de surveillance . Puis l'on comprend qu'il en pince pour elle . Est ce pour cela qu'il épie ? Ou est ce contre sa volonté qu'il en vient à l'épier ? Mais pourquoi ne va t-il pas la voir ? Par timidité ? Pas vraiment. C'est surtout parce qu'en face d'elle, il ne la contrôle plus.

Puis, il faut bien faire son travail en arrêtant un couple de chômeur et en nous informant probablement de la situation sociale en Allemagne.

Mais qu'est ce que cet amour qu'éprouve Rolf et surtout est ce bien de l'amour ? Pas sûr. En effet, il est fort probable que ce qui l'intéresse au début c'est le pouvoir de contrôler ce qui lui plait. Rolf n'est il pas alors simplement un voyeur ? Il est fort probable qu'il assouvisse surtout son désir de pouvoir et de contrôle. Et là l'on peut se poser la question : est ce que tous ces médias ne nous rendent pas tous voyeur dans le sens où nous sommes habitués à pénétrer dans la vie des gens en les épiant ; téléréalité, surveillance par vidéo-caméra, journaux télévisés ? Il est possible de voir une telle critique.

Mais surtout est ce bien utile d'épier de cette manière ? Et pourquoi le faire ? En effet, Rolf croyant que l'homme avec lequel Sarah se trouve est son petit ami, Rolf le laisse se faire frapper à mort par de jeunes délinquants, après qu'il se soit disputé avec Sarah.

Nouvelles critiques : sur l'état de la délinquance juvénile en Allemagne, sur le fait que la vie ne tient qu'à un fil, sur le je-m'en-foutisme des gens par rapport à la vie des autres, sur le fait que les caméras ne sont pas placées au bon endroit et qu'elles n'assouvissent en fait qu'un désir de contrôle et de pouvoir.

En effet, su'il y avait eu une caméra dans ce wagon, les délinquants n'auraient pas pu clamer l'accident et la vérité aurait éclaté. : il s'agit d'un meurtre crapuleux et volontaire. Rolf est il un lâche pour autant ? Non il est pire que cela, il n'est pas un lâche car il hésite et n'a pas peur d'aller à la bagarre et de prendre des coups. Il n'y va pas par pure jalousie et devient en fait complice du meurtre.

Donc le problème est bien là : l'on n'agit pas par pur courage mais aussi en fonction de ce qu'il faut défendre, on ne se jette jamais corps et âme dans la bataille. Et la pitié n'a quasiment plus d'effet sur les gens. Les choses changent alors. Rolf culpabilise lorsqu'il apprend que le jeune homme en question était en fait le frère de Sarah. Il se sent alors responsable de la mort du garçon mais aussi et surtout de la peine de Sarah qui ne comprend pas pourquoi Rolf se comporte si gentillement avec elle. C'est lorsqu'il lui montre son royaume de la caméra qu'elle comprend qu'il l'épie depuis longtemps.


 
Mauvaise route - ma note pour ce film :
Réalisé par Reto Caffi
Avec Julie Bräuning, Catherine Janke, Leonardo Nigro, ...
Année de production : 2007
Première page | <<< | 1 | 2 | >>> | Dernière page